Portrait de producteur : Blanc de Gris

Publié le 26/03/2021
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Crédits photo : Julie Morel
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Une série de portraits présentée par l’Union des Producteurs agricoles [UPA] et CARIBOU

Découvrez les producteurs et productrices de l’année 2021. Les Lauriers s’entretiennent avec les cinq finalistes inspirants dans la catégorie Producteur de l’année 2021 des Lauriers de la gastronomie québécoise.

Une série de portraits présentée par l’Union des Producteurs agricoles [UPA] et CARIBOU.

Cette semaine, c’est au tour de Blanc de Gris de se prêter à notre questionnaire. Vous avez certainement goûté à leurs délicieux champignons cultivés en ville au cœur de Hochelaga. Les restaurants raffolent de leurs pleurotes qu’ils apprêtent à toutes les sauces. Mais qui sont Lysiane Roy Maheu et Dominique Lynch-Gauthier, les deux jeunes productrices et fondatrices de cette entreprise innovantes?

Pour les gens qui ne vous connaissent pas, dites-nous qui est Blanc de Gris?

Blanc de gris, c’est les meilleurs pleurotes en ville ! Cultivés naturellement sans aucun pesticide, ils sont produits localement à Montréal, en économie circulaire à partir de drêche de brasserie et livrés hyper-frais 12 mois par année. C’est le choix des connaisseurs. Tous les chefs qui travaillent avec nous depuis le début reconnaissent la qualité irréprochable de notre service, ainsi que de nos pleurotes, dont ils ne veulent plus se passer. Un chef montréalais renommé a même déjà dit “Blanc de gris a redonné ses lettres de noblesses au pleurotes’’!

Quelle était l’inspiration derrière ce projet?

On a démarré Blanc de gris pour plusieurs raisons, d’abord basé sur des valeurs. On avait la jeune trentaine à l’époque et envie de réaliser un projet qui serait positif sur nos vies, sur notre environnement, sur ce qu’on légueraient à nos enfants plus tard. On voulait devenir des modèles d’adultes inspirants pour nos filles (et garçons aussi :), qui prennent les rênes de leur vie et qui se créent un boulot qui les motivent à accomplir toutes les tâches, tous les jours, sans voir le temps passer. On tenait à ce que le projet ait du sens, qu’il valorise des matières organiques vouées à l’enfouissement (on a débuté avec le marc de café, pour finalement n’utiliser que la drêche de brasserie), pour les transformer de façon utile, à nourrir notre collectivité. On en a bavé un bon bout de temps avec de la recherche et développement. On a trimé vraiment dur les premières années. On a quand même réussi à ce jour à mettre en place une façon de faire dont on est fière. Qui respecte nos valeurs, notre engagement envers l’environnement. On a hâte d’être prêtes à faire proliférer ce modèle à plus grande échelle, ailleurs, partout !

Quelle personne (ou initiative) vous a inspirées pendant cette dernière année?

Gaëlle Cerf m’impressionne beaucoup avec ses différentes prises de parole et initiatives. Le frigo St-Henri, par exemple, projet auquel elle participe, m’interpelle particulièrement. Tout comme la tablée des chefs et les cuisines solidaires d’ailleurs. Je trouve que c’est tellement nécessaire des actions comme celles-là. Surtout en ces temps difficiles pour beaucoup de gens. L’insécurité alimentaire, c’est vaste et complexe. Les gens qui s’en occupent m’inspirent énormément et ont tout mon respect.

Comment voyez-vous la relance de l’industrie de la restauration au Québec?

Lorsque nous pourrons de nouveau aller dans les salles à manger des restaurants, ce sera la fête pendant des semaines et des mois !  J’ai l’impression que la vie va tranquillement reprendre son cours d’avant. Que les restos vont ré-ouvrir, avec plus de cordes à leur arc. Que ça aura été bénéfique pour certains au niveau de la diversification de leur offre. Que ça aura été catastrophique pour d’autres de voir leur rêve s’effondrer. Mais, qu’autant dans tout succès et dans tout échec, il y a un apprentissage.
J’aime penser que les gens auront plus de respect envers la profession de restaurateurs et d’entrepreneurs du milieu de la gastronomie. Qu’ils ne prendront plus pour acquis leur sortie aux restaurants, que leur achats se feront de plus en plus responsables. Qu’il y aura une reconnaissance désormais plus marquée autour des artisans de la gastronomie.

En 2021, de quoi la production alimentaire québécoise a-t-elle le plus besoin?

De la solidarité de tous. De l’engouement pour les produits locaux, à la compréhension qu’un achat local est un investissement, et non une dépense. De repenser notre façon de consommer, en commençant par le gaspillage alimentaire. Mieux penser les systèmes pour une plus grande justice pour tous.

Quels sont vos futurs projets?

Annexer des champignonnières directement à des microbrasseries québécoises ! On aimerait développer le potentiel de reproduire un atelier de production sur place où l’on retrouve la matière première, afin d’assurer une sécurité alimentaire (en champignons et en bière, du moins..) dans chaque région (pas nécessairement juste au Québec, là où il y aura de l’intérêt). Dans le but de produire des denrées et de réduire le gaspillage alimentaire.

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