10 questions gastronomiques à Katerine-Lune Rollet

Publié le 05/12/2018
Crédits photo : Louis Prud'homme
Par
Les Lauriers,
La mission des Lauriers est de valoriser la gastronomie québécoise en couronnant ce que l’industrie considère comme ses meilleurs acteurs.

Katerine-Lune Rollet s’est d’abord fait connaître comme comédienne et ensuite, elle a poursuivi sa carrière publique comme animatrice et chroniqueuse. Grande gourmande devant l’éternel, elle saute à pieds joints dans la gastronomie en devenant, en 2009, ambassadrice gastronomique pour Tourisme Montréal.

Elle collabore ensuite à différents médias (Coup de Pouce, Journal de Montréal, Radio-Canada) pour partager sa passion du tourisme gastronomique. Elle écrit actuellement à propos de tendances alimentaires pour le magazine Ricardo. Elle fait partie des 150 femmes qui ont influencé la gastronomie au Québec selon le livre Femmes engagées à nourrir le Québec et est aussi panéliste pour le palmarès des meilleurs nouveaux restaurants canadiens du magazine enRoute. Depuis 2010, elle alimente de tuyaux bouffe son blogue katerinerollet.com. Katerine a gentiment accepté de répondre à nos dix questions sur la gastronomie québécoise.

1. De quoi la gastronomie québécoise a-t-elle besoin?

De l’argent et d’une volonté politique pour faire rayonner notre gastronomie à l’étranger. D’une révision complète des règles entourant l’agriculture (ah oui, c’est vrai que cela a déjà été fait avec le rapport Pronovost… peut-être qu’il serait temps de l’appliquer!) Que les femmes cheffes prennent plus de place.

2. La gastronomie est-elle une forme d’art à part entière?

Absolument. M’attabler au restaurant sollicite autant mes sens que lorsque je visite un musée ou que j’assiste à un concert.

3. Comment notre gastronomie se démarque-t-elle de celle du reste du Canada?

En fait, il n’y a pas UNE gastronomie canadienne. On ne mange pas du tout la même chose à Vancouver qu’à Halifax, qu’à Winnipeg ou qu’à Alma. Chaque région du Canada a ses propres spécificités. Comme au Québec.

4. Le restaurant ou le chef qui vous rend fier de notre gastronomie?

Pierre-Olivier Ferry. Loin du brouhaha médiatique, le chef des Jardins de Métis, qui travaille les plantes sauvages et fleurs comestibles, donne un autre sens au mot terroir.

5. Côté bouffe, quelle ville québécoise est le secret le mieux gardé?

Compton (Cantons-de-l’Est) est une pépinière de bons producteurs avec seulement 3000 habitants et Saint-Anne-des-Monts (Gaspésie) compte plusieurs bons commerces alimentaires.

6. Si on faisait une liste des 25 plats qui font le Québec en 2018, quel serait votre incontournable?

J’aimerais bien qu’au lieu de dire que la poutine est notre plat national, que nous ayons un plat qui met à l’honneur les Premières Nations et notre territoire. Aussi n’importe quel plat présenté dans un restaurant qui utilise du lait/fromage de chèvre québécois (pour encourager les producteurs et empêcher la disparition de cette industrie).

7. Votre produit québécois chouchou qu’on retrouve sur les tablettes?

Le lait de la Fromagerie Missika (Bedfort). Non-homogénéisé à 5% de matières grasses, c’est un délice.

8. Un alcool d’ici qui vous a renversé dernièrement?

En fait, j’ai eu une belle surprise en allant au restaurant Le Chardo à Bromont qui a sur sa carte plusieurs bons vins québécois. On peut bien manger (et boire) aussi à l’extérieur des grands centres !

9. Un mot que vous aimeriez adresser aux milliers d’agriculteurs d’ici qui travaillent toute l’année pour nourrir le Québec?

Vous nous maintenez en vie. Nous pensons à vous quand nous mangeons notre yogourt matinal parce que vous vous êtes levés à 4h pour faire « le train ». Nous pensons à vous quand les vents et la grêle détruisent vos récoltes. Nous sommes derrière vous pour vos revendications et nous vous aiderons à porter le message. Gratitude aussi pour tous ces Mexicains et Guatémaltèques qui quittent leurs famille plusieurs mois par année pour nourrir les nôtres.

10. Un voyage gourmand qui vous a particulièrement marqué?

Edmonton! J’y ai mangé les meilleures pâtes de ma vie (chez Corso 32) et plusieurs autres bons repas. Comme il y avait à Terre-Neuve il y a quelques années, il y a un buzz en restauration actuellement avec un maire dynamique et des chefs qui sont partis travailler à l’extérieur et reviennent au bercail plus forts de leur expérience.

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